jeudi 31 décembre 2015

COH - Fffetish (2000)

Bruissements, crissements, saturations, bourdonnements ... le pire c'est qu'au final cela donne de la musique, ardue surement et une reprise tourmentée d'un titre des Vicious Pink (cousins de Soft Cell).
Et la reprise est bien meilleure que l'original, accentuant son coté malsain, appuyant sa puissance sexuelle évocatrice, renforçant sa perversité innée, grâce également à la voix saturée/susurrée/déformée de COH.
Le fétichisme de COH est constitué d'aspérités, de rugosités, de rouille, de poussières, de fluides corporels indistincts, de sueur, de latex, de métal, de frottements, de désir contraint, de jouissance exprimée ...
Subsiste une interrogation cruciale: quel est donc ce fétiche si puissant ?
Le désir ?


mercredi 30 décembre 2015

Jah Wobble - Invaders of the heart Mix three (exotic decadent disco mix) (1983)

Une basse dantesque et galopante porte ce morceau de Jah Wobble, cavalcade fébrile faisant un grand écart entre des vues discoïdes et de l'ethnomusique.
La rythmique disco abâtardie entraine subrepticement l'auditeur vers la "décadanse", sensation accentuée par les effets de réverbérations et d'échos contribuant à ce délitement progressif.
En parallèle des intonations de musique arabisante ponctuent ce squelette, puis ce sont des voix arabes qui viennent scander leur mélopée.
Enfin un trombone aux relents de ska échappés de Jamaïque finit de désorienter l'auditeur, le perdant définitivement dans un exotisme mondial, une chute contemporaine de l'Empire Romain.


lundi 28 décembre 2015

dimanche 27 décembre 2015

Einstürzende Neubauten - Total eclipse of the sun (2000)

Les artificiers du bruit machinal et brut à contre emploi.
Profondeur et langueur.
Des cuivres, des vents et des cordes envoutants tissent une mélodie feutrée, une voix grave et chaude débute une narration que ponctuent des percussions assez primaires  puis s'insère une basse profonde qui fait chalouper l'ensemble, ne manque qu'un dernier élément des sons cristallins fragiles et aériens (sortis d'un étrange et rotatif instrument de percussion en verre, pour ceux qui veulent voir la bête il y a ce live) pour en compléter la magie envoutante.
Le calme d'une éclipse totale de soleil.


samedi 26 décembre 2015

Nurse With Wound - Soliloquy for Lilith Untitled I (1988/Rééd 2015)

Comme un bourdonnement de violoncelle* déglingué et tourmenté aux tonalités basses avec en contre point douloureux exquis un larsen, une stridence aiguë maîtrisée. De cette opposition nait un inconfort qui paradoxalement provoque une sorte de sérénité, de béatitude.
C'est l'éloge de la lenteur, de la circularité, c'est la dualité de deux mouvement parallèles antinomiques qui soliloquent.
C'est en toile de fond l'évocation de Lilith, figure trouble qui peut être perçue de différentes manières: comme un démon de la nuit hostile et malfaisant ou bien comme une femme indépendante et libre ... tout dépend du point de vue.

*bien qu'aucun violoncelle n'ait été utilisé pour cette pièce, ni aucun "instrument de musique".


mercredi 23 décembre 2015

The Mount Fuji Doomjazz Corporation - Roadburn (2013)

Pénétrons l'univers feutré et brouillé des The Mount Fuji Doomjazz Corporation.
Éloge du bruissement, du flou, du lent, du grave, du sombre et du mystérieux.
Arrêt momentané de l'écoulement temporel, pesanteur du son par strates, immersion profonde, inquiétude diffuse, accès de fureur contenue, saturation spatiale, beauté de l'horreur, respiration salutaire après apnée.
Fascination incoercible ...


The Mission - Paradise (will shine like the Moon) (1990)

Finalement le paradis c'est bien plus simple que l'espèce d'espérance bouffie de bons sentiments sur un hypothétique après meilleur sous réserve de surcroit d'avoir agit hypocritement en suivant des dogmes stupides.
Le paradis se résume à une joute, une danse nocturne effrénée entre un serpent et la lune sous le regard interloqué d'un loup qui n'en demandaient pas tant ...
Les esprits pointilleux verront d'autres, comment dire, analogies.
"Ride the snake with me ride it long ride it hard (...) charm the snake for me
Charm it long, charm it hard, charm the skin from it's back for me"
comment ne pas y voir une allégorie braquemardesque, copulatoire et onaniste ?
Quant à la danse évoquée, on voit le genre, enfin la Lune tout le monde sait que ce n'est pas que le satellite naturel de la Terre mais aussi la face cachée de l'astre féminin, son fondement quoi.
Donc un serpent charmé par la lune, dois-je faire un dessin ou l'analogie vous pénètre ?
Ce que j'en dis c'est que le loup c'est un sacré voyeur lubrique !



lundi 21 décembre 2015

Betty Davis - Your mama wants ya back (1974)

Betty Davis, ex madame Miles Davis, délivre un groove torride, quand elle susurre ses paroles elle donne l'impression de vouloir copuler, quand elle émet des onomatopées grognements lubriques les rideaux prennent feu, l'eau bout.
En plus la musique n'aide pas à garder son calme, le duo basse/batterie offre un mid-tempo langoureux, préludes à des épanchements prometteurs, la guitare et les claviers énervent comme des piqures de moustiques contrepoints nécessaires à l'élasticité de la rythmique.
Tout concourt à envisager de fêter dignement la journée de l'orgasme (le 21 décembre) ...
Pas de doute, quand Betty se mettait à chanter cela Miles pour une fois la laissait souffler dans le cornet !


Un Conte Musical perdu de Noël par U Mulateru (2015)

Une vieille histoire, retrouvée après un long oubli, à écouter le soir au coin du feu.
Il y est question de "l'esprit du Noël", de l'harmonie enfin je crois ...



samedi 19 décembre 2015

Fadoul - Sid redad (xxxx/2015)

Du funk brut en provenance directe du Maroc groovy à souhait et puis tout de suite comme un air de déjà entendu quelque part ...
Mais c'est bien sur, James Brown Papa's got a brand new bag en arabe !!!
Mais version sauvage du désert, ramassée, sèche et claquante.


vendredi 18 décembre 2015

Näo - Glad (2011)

Douceur et quiétude c'est ce qui ressort des premières notes de Glad, mais ce n'est qu'apparence, rage et tempétuosité contenues sont là en arrière plan, prêtes à exploser si l'occasion leur en est donnée.
Le sombre rôde, l'inquiétant s’immisce sournoisement, un peu à la manière d'un Nine Inch Nails parfois, cependant pas d'éclats pyroclastiques violents, de poussées de rage froide, de la maitrise (trop ?) dans la colère et la hargne afin de préserver un équilibre chaud/froid.
Drôle de funambule.


La Fine Equipe - Make U greedy (2014)

Un classique dont le chanteur a eu un petit problème de puberté et dont on ne garde que la substantifique moelle en lui rajoutant des prions juste pour voir ce qu'il se passe. Jacob, j'ai décidé de l'appeler Jacob ce chanteur cobaye de notre expérience.
Une mutation s'opère, d'abord sous forme synthétique et bassique d’obédience électro, puis un rythme hip-hop vient se greffer permettant à Jacob génétiquement prionisée de se déhancher, puis évoluant encore de danser, d'autant que grâce à sa nouvelle hyperacousie il entend mieux la musique, vachement bien mais frénétiquement comme pris de folie, puis harassé il a un coup de mou, il est perdu dans un champ, (feld en allemand, ça a son importance) et il se met à creuser mais de manière totalement erratique et désorienté.
Et alors il creuse feld Jacob avant de décéder totalement dément ...


mardi 15 décembre 2015

Cortex - Hurluberlu (1977/rééd 2013)

L'hurluberlu est une personne extravagante, fantasque agissant et se conduisant de manière bizarre, un drôle de zèbre quoi !
Cortex, le groupe français de jazz-funk des années 70 pas le rappeur mal nommé mono-neuronal, le met en musique.
Le résultat classe, pétillant et vif comme du Jeff Beck période Blow by blow, un petit bijou ébouriffé incontrôlable.


dimanche 13 décembre 2015

Kid Koala - Skanky panky (2003)

Kid Koala est un peu bourré, il rentre chez lui, branche platines, sampleur et se lance sans filet selon l'inspiration du moment.
Virtuose des platines il enchaine d'improbables chorégraphies vinyliques, des tricks connus de lui seul.
Le résultat: du ska trempé dans l'alcool, un peu boiteux et bancal, rehaussé de fulgurances de trompettes scratchées, le tout de haute tenue.
Kid Koala invente un nouveau courant musical, mélange de ska, de turnabilism, de hip-hop, d'alcool et malgré tout très cool: le skalcoolisme !


vendredi 11 décembre 2015

Mathieu Boogaerts - Avant que je m'ennuie (2012)

Chanson de la douceur, de la tristesse, de l'espoir et de l'amour et du beau.
Petite parenthèse enchantée. 


jeudi 10 décembre 2015

Mr TC - T.C. Sound (2015)

Sur le label de la moitié du duo Optimo, responsable de quelques mixes bien barrés.
Mr TC propose une mixture minimale répétitive hypnotique à base d'une batterie sèche et volatile, d'une basse limitée et roborative, de deux partie de guitare la première effectue une boucle de quelques note tandis que l'autre sinue  au sein d'arabesques orientalisantes.
Il en découle un krautrock abâtardi mâtiné de discodéine s'insinuant insidieusement dans la tête comme un serpent (présent d'ailleurs sur la pochette) afin de prendre le contrôle de l'auditeur pour l’emmener dans un sabbat infernal et vénéneux, vers sa perdition pour sa plus grande jubilation.


mardi 8 décembre 2015

Swans - Some things we do (2014)

Comment rendre le quotidien moins monotone ?
Facile il suffit de laisser les Swans le conter, tout de suite il prend une autre dimension, quelque part entre dépouillement, hypnose, abstraction onirique, moment de grâce, psalmodie,  répétition lascive et enchantement.
Une parenthèse hors du temps, un flottement irréel mais tellement incarné en même temps.
N'en retenons que l'essentiel: "We fuck, we love, we love, we love ..."


dimanche 6 décembre 2015

Bruit Noir - Joy Division (2015)

Question de génération ...
Moins âgé, plus d'appartements, des gencives saines, les mêmes constats ...
"C'est tellement triste qu'on soit entouré d'abrutis (...) on devrait supprimer tous les abrutis."
Sombre, minimal et profond.


Adriana - Contigo (1977)

Visuellement c'est un mélange entre Sylvie Vartan et Dalida donc forcement inquiétant surtout en provenance du Brésil réputé pour ses transexu... heu ...  ses joueurs de foot bien sur !

Musicalement c'est beaucoup mieux. Sorte de disco ralenti, à la basse suave, aux percussions discrètes et aux cordes sirupeuses, parfait pour un dimanche après-midi passé à glander plus ou moins crapuleusement sous la couette, ou à siroter un thé au coin d'un feu.


samedi 5 décembre 2015

Black Sand - Black sea (2015)

Musique faussement pressée et véritablement inquiétante.
Tapie dans les fonds marins obscurs, elle remonte et s'en échappe révélant les secrets engloutis, perdus depuis longtemps, remémorant les histoires oubliées, parfois volontairement.
Insidieuse, elle se faufile emmenant avec elle des monstres sonores inconnus, vers aux sons variants, Poromitra crassiceps véritables résidus des temps passés oubliés de l'évolution.
Mais plus que ces monstres réels ou fantasmés, elle charrie nos peurs profondes.


Jean-Louis Murat - Fort Alamo (Mighty Bop remix) (1996)

Deux choses dans ce titre.
D'une part la musique, jazz hip-hop évanescent, joueur et délicat, produit avec classe et retenue (il faut l'admettre, même si c'est rare et que cela provoque quelques douleurs au fondement) par Christophe Le Friant aka Bob Sinclar.
D'autre part les divagations qui peuvent être qualifiées de poético-éthiliquo-branleuses de Jean-Louis Murat.
Car lui seul sait ce que ses paroles veulent dire et pourtant l'auditeur comprend instinctivement leur signification, il y est question d'une rupture et l'auteur en souffre.
La rencontre des deux, musique et paroles (sans oublier leur diction et le timbre distancié/désabusé de Murat) crée une alchimie précaire et bancale nimbée d'un voile de mystère intemporel.


vendredi 4 décembre 2015

Grauzone - Eisbaer (1981)

Si Stephan Eicher a pu déjeuner en paix (pets ?) c'est parce qu'il a des haut et des bas et pas d'ami ainsi que ni remords ni regrets et combien de temps ?
Mais avant il formait avec d'autres Grauzone, la zone grise, un espace interlope, mal défini où se créait une musique innovante mi punk mi synthétique mi rien à foutre (y aurait-il un mi en trop ?). Et Eicher était en ce temps là un doux dingue, dans un de ses projets antérieurs il faisait circuler une souris télécommandée hérissée de lames de rasoirs afin de semer la panique en son public ...
Ici il est question d'un gars qui voudrait être un ours polaire, dont on a un peu rien à faire car vu la vitesse du réchauffement climatique on n'en entendra bientôt plus parler.
Et puis sérieusement qui voudrait être un ours polaire pour se geler les miches sur la banquise, manger du poisson surgelé et sodomiser des phoques en guise de vie sexuelle ?


Sunn O))) - Kannon (2015)

Sunn O))) de retour en dissonances et vrombissements puissants .
Un Sunn O))) au grand complet incluant outre les deux membres permanents le caverneux Attila Csihar, le protéiforme Oren Ambarchi et d'autres compagnons récurents du bruit comme Steve Moore, Brad Mowen, Rex Ritter.
Un concept album tourné autours de la divinité bouddhiste Kannon, être relativement androgyne qui a la particularité de "considerer les sons du monde" et "entendre les appels de ceux qui prononcent son nom".
Vu l'appel que lui a lancé Sunn O))), Kannon a pris cher dans ses tympans et doit à l'heure actuelle ressentir encore quelques bourdonnements ou avoir des acouphènes résiduels voire avoir sombré dans la surdité (ce qui compte tenu de ses attributions est un peu gênant ...).
Bonjour la gueule de l'invocation nos compères n'ont pas fait dans la demi-mesure et se sont laissés aller avec entrain dans les décibels et la brutalité, contenue certes, sonore.


mardi 1 décembre 2015

Locrian - Inverted ruins (2010)

Des ruines inversées, voilà un concept déroutant.
Une ruine est un reste d'une construction dégradée, abimée par le temps.
Une ruine inversée qu'est-ce donc et dans quelle temporalité ?
Si elle est inversée c'est qu'elle peut être encore construite, ou qu'elle est en bon état, voire neuve.
Cela peut également être un édifice qui aurait été dégradé, plus ou moins détruit et qui connaitrait une rénovation, une réhabilitation.
Mais dans ces cas là faut-il encore parler de ruine ?
Et encore ce n'est qu'en considérant le coté architecture du mot ruine, mais cela peut également être le sens financier, moral, physique ...
Serait-ce alors une sorte de renaissance après une déliquescence ?
Musicalement ça laisse plutôt penser le contraire, une déchéance lente, douloureuse et inexorable.


lundi 30 novembre 2015

Nick Cave & The Bad Seeds - Stagger Lee (1996)

De l'art de la tension contenue et comment la relâcher en énergie musicale, teintée de folie, au moment opportun.


Hanni El Khatib - Moonlight (2015)

Le garage hip-hop sans rap ça existe ?
Il semblerait.
Hanni El Khatib avec Moonlight essaye en tout cas de concilier les deux.
Rythmique entrainante et rugueuse, guitare pleurante et prenante, pour un mélange Cramps/Mobb Deep, ne manque que le psychopathe masqué au couteau pour parfaire le tableau !
Forcement s'il est question de lutter pour le clair de lune et d'entendre quelqu'un pleurer à son tour,  c'est que quelque chose de malsain se prépare, que le sanguinolent risque de poindre incessamment ...
El Khatib semble vouloir être le guide pour cette soirée qui ne sera vraisemblablement pas romantique quand bien même elle se déroulera sous un clair de lune; c'est plutôt une ambiance tripes à la lune et peeling au scalpel qui se dessine.


dimanche 29 novembre 2015

The Stranglers - Nice 'n' sleazy (1978)

Une batterie cinglante comme des coups de trique dispensés par une domina compulsive, des riffs de guitare coupants et dangereux comme des lames de rasoirs propulsés au hasard, une basse sèche comme le souffle chaud d'une explosion, la chant aboyé comme une éructation canine, du synthé incontrôlé et échevelé  comme un orgasme.
Le tout ramassé et tendu en à peine plus de 3 minutes; pas de répit, juste du tabassage intensif et autres maltraitances physiques: agréable et sordide.
Le pire c'est qu'on en redemande !


vendredi 27 novembre 2015

Massive Attack - Five man army (1991)

L'obscurité lumineuse, la complémentarité des antagonismes, voilà qui pourrait résumer Massive Attack.
Un coté sombre tant par les voix que par la musique, une ambiance pesante, une production sèche.
Mais également de la lumière par à nouveau les voix, en fait celle aérienne et juvénile d'Horace Andy, et de la chaleur et de la douceur grâce à cette basse profonde surnageant dans un océan d'échos.
Puis cette idée folle, alliant inconscience et panache d'une attaque massive avec une armée de cinq hommes réminiscence d'un western italien ...


mercredi 25 novembre 2015

Christopher Just - Jeff after four roses (1997)

Deux hypothèses:
  • Jeff aime beaucoup son fleuriste et lui achète des roses, quatre pour être précis et il en est tout chamboulé, c'est donc un bon psychopathe des familles.
  • Jeff aime le bourbon et particulièrement le Four Roses, malheureusement pour lui il ne tient pas bien l'alcool, bref: "tu t'es vu quand t'as bu" ...
Dans les deux cas Jeff est quand même un peu étrange il faut avouer.


lundi 23 novembre 2015

Dan Deacon - When I was done dying (2015)

Dans une dimension parallèle Dan Deacon est adulé dans le monde de la musique, chacun de ses morceaux est un hit en devenir qui inonde les radios, des millions de fans attendent hystériquement son nouveau son, rien qu'à l'évocation de son nom de femmes tombent spontanément enceinte, il guérit la mauvaise haleine par imposition des mains et réussit à résorber la dette grecque, c'est une sorte de  demi dieu, un David Pujadas sans perruque synthétique.
Dans notre monde Dan Deacon est un geek qui s'habille avec un goût personnel à faire pâlir un daltonien (ou alors personne ne l'a averti qu'il allait être filmé) totalement habité lorsqu'il vit ses chansons (qu'il cisèle avec minutie mélangeant habillement art de la pop naïve et psychédélisme de bon aloi le tout gorgé d'électronique subtile) et moqué par le vil gueux accroc à la putasserie ordinaire.


dimanche 22 novembre 2015

Ronny Jordan meets Dj Krush - The jackal (the illest mix) (1994)

De l'art de conter une rencontre dans un bar ...

Voix sensuelle et chatoyante de Dana Bryant, guitare évanescente et feutrée de Ronny Jordan, remix inventif et décontracté de Dj Krush.
Trio de roublards construisant un écrin moelleux et sautillant, réceptacle idéal de fin de journée, prémices à une soirée débridée à base de champagne et de sexe !


vendredi 20 novembre 2015

Billy Idol - Wasteland (1993)

"No religion
No religion, no religion at all
No religion
No religion, no religion at all
No religion, no religion at all"



jeudi 19 novembre 2015

⊙ (L'Effondras) - Lemures (2015)

La tension monte, mais en prenant son temps.
Des guitares arachnides tissent leurs entrelacs délicats, des piaillements se laissent ouïr, un batteur respire.
Ça grésille, chuinte, vibre comme du Sonic Youth sous tranxene.
Et puis la révélation se fait: Lémures les âmes damnées de ceux qui ont péri tragiquement et qui sont condamnés à rester dans cet entre-deux ni mort ni vivants.
Les voilà autours de nous ...


mercredi 18 novembre 2015

Krs One - Can't stop won't stop (1997)

Où il est question d'un gars et de son p'tit business de vente de produits herbacés provoquant l’hilarité.
Le tout narré avec une verve stupéfiante.
Mis en musique par un autre blunted notoire: Dj Muggs de Cypress Hill ...
Un conte moderne et sombre du commerce souterrain.


mardi 17 novembre 2015

Bérurier Noir - Porcherie (1985)

"Le monde est une vraie porcherie
Les hommes se comportent com'des porcs
De l'élevage en batterie
A des milliers de tonnes de morts
Nous sommes à l'heure des fanatiques
Folie oppression scientifique
Nous sommes dans un état de jungle
Et partout c'est la loi du flingue
Prostitution organisée
Putréfaction gerbe et nausée
Le Tiers-Monde crève les porcs s'empiffrent
La tension monte, les GI's griffent
Massacrés dans les abattoirs
Brûlés dans les laboratoires
Parqués dans les citées-dortoir
Prisonniers derrière ton parloir
Et au Chili les suspects cuisent
Dans les fours du gouvernement
En Europe les rebelles croupissent
Dans les bunkers de l'isolement
Un homme qui éclate en morceaux
Dynamité par des bourreaux
Des singes conduits ... la démence
Beethov' devient ultra-violence
D'un côté l'système monétaire
De l'autre l'ombre militaire
Tout fini en réglement d'comptes
A coup de schlagues le sang inonde

Flic-Armée Porcherie
Apartheid Porcherie
Dst Porcherie
Et Le Pen Porcherie



Grouene grouene gronch
Grouic grom grouic
Grouinc grouinc..."


Vigilance, résistance et libre arbitre face au simplisme!


lundi 16 novembre 2015

Shackleton - Blood on my hands (2006)

"When I see the towers fall,
It cannot be denied,
That as a spectacle,
It is a realization of the mind. 


I'm standing on a mountaintop
And letting out a scream,
It's the language of the earth,
It is the language of the beasts. 


There's no point to look behind us,
We left the corpse behind,
As flesh is weak and forms break down.
They cannot last forever."


Réminiscences ... la même sorte de "spectacle" des années après, la même sidération, la même révolte  ...
Ici l'alliance de la douceur, de la tristesse, de la quiétude, de l'incompréhension, de l'horreur sous-jacente et puis cette note d'espoir, de combat.


dimanche 15 novembre 2015

The Clash - I'm not down (1979)

"I've been beat up, I've been thrown out
But I'm not down, I'm not down
I've been shown up, but I've grown up
And I'm not down, I'm not down"


 Fluctuat nec mergitur


samedi 14 novembre 2015

Arvo Pärt - Da Pacem domine

Recueillement.
Composé par Arvo Pärt initialement en hommage aux victime des attentats de Madrid du 11 mars 2004, mais ça devrait aller pour aujourd'hui aussi hélas ...

Eagles Of Death Metal - Save a prayer (2015)

Toi le fanatique endoctriné, je djihadiste de pacotille, la brute décérébrée
Profite de la pochette, goûte la musique, c'est cadeau et de bon cœur ! 
Un "idolâtre dans une fête de la perversité" pour reprendre les mots du communiqué imbécile de tes maîtres.
Ni dieu ni maître c'est mieux, mais ça implique de réfléchir ... ça risque d'être ardu pour toi je n'en doute pas.
#Bataclan


vendredi 13 novembre 2015

Aphex Twin - Ventolin (salbutamol mix) (1995)

L'asthme est une réaction inflammatoire se traduisant par un bronchospasme et une hyperactivité bronchique, en gros quand il a une crise d'asthme le patient étouffe.
A quoi reconnait-on un asthmatique ?
En temps normal l'asthmatique a l'air commun, voire ahuri parfois, c'est seulement en cas de crise qu'il devient source de rigolade alors qu'il monte les escaliers, rougeaud et suffoquant.
Que faut-il faire face à une personne qui fait une crise sévère d'asthme ?
Normalement il faudrait lui refiler son bronchodilatateur d'action rapide, souvent du salbutamol ... en vrai il ne faut rien faire car les asthmatiques sont des casse-couilles qui ne prennent jamais leur traitement de fond (pour ceux qui en ont un) et par conséquent ils ne font rien qu'à creuser le trou de la sécu, pensant que leur asthme est contrôlé et qu'ils vont bien alors que leur respiration sibilante et lourde laisse plutôt penser qu'ils essaient de gagner un concours d'imitation de Dark Vador.
Toutefois en cette journée internationale de la gentillesse il sera toléré de donner à l'asthmatique en crise qui la réclame sa Ventoline, mais comme nous sommes joueurs nous lui fournirons ce magnifique mais parfois dissonant et rugueux Ventolin Ep d'Aphex Twin en espérant que l'effet placébo fonctionne ...
Tous les rougeauds suffoquant sont-ils asthmatiques ?
Non, déjà il faut distinguer l'asthmatique du bronchopneumopathe chronique et à l’œil nu c'est ardu, ensuite les alcooliques et certains pervers peuvent présenter les même symptômes, les premiers après absorption massive d'alcool, les seconds à la vue de jambes, mains et oreilles de femmes, aussi faut-il laisser aux spécialistes l'art de repérer les vrais spécimens.


jeudi 12 novembre 2015

Erik Truffaz / Murcof - Mexico (2008)

Une peinture à quatre mains, voila à quoi me fait penser cette collaboration. D'un coté Murcof qui s'occupe du paysage, de l'autre Truffaz qui vient ajouter les détails, c'est une vision un peu globale, les rôles ne sont pas aussi clairement et aussi simplement définis.
Le jeu de Truffaz oscille entre Miles Davis et Jon Hassell, un jeu de trompette dépouillé tout en finesse et en subtilité (et en effets variés: écho, delay, wah wah ...) qui s'accorde parfaitement aux paysages sonores électroniques, eux aussi tout en retenue, de Murcof.
Erik Truffaz: trompette, voix.
Murcof: autres sons.
Trois morceaux:
Al mediodia, la mi-journée, quand la chaleur commence à devenir suffocante. Un rythme lent qui commence un peu comme du Ennio Moricone, avec la scène du "duel" à trois ( dans le Bon la Brute et le Truand) et la mélodie de la montre à gousset; puis peu à peu la vie prend forme, l'animation se fait, avant que le soleil de plomb ne calme les ardeurs.
Good news from the desert, ce titre commence par un drone (une parabole du désert vaste et répétitif ?), viennent se greffer des échos de trompette mutante, puis pièce par pièce la rythmique rentre dans le morceau, la trompette devient guitare jusqu'à un point de rupture vers 8'20" prélude à une fin apaisée.
Avant l'aube, un titre frais et humide, comme avant le lever du soleil, quand en été (j'ai arbitrairement décidé que se titre se passait en été) il subsiste un peu de rosée. Tout est calme, encore endormi. Puis peu à peu, lentement, c'est le commencement de la journée, le soleil se lève serein,  à Mexico, bientôt la ville va s'animer.




mercredi 11 novembre 2015

The Underachievers - Allusions (2015)

Le retour des deux hallucinés de New York !
Aujourd'hui ils font le coup du remake de Las Vegas parano, aussi trippés fortement chargés mais version hip-hop.
Ces gars là sont des pourvoyeurs de bonne dope aussi bien visuelle qu'auditive, ne manquent que les chauves souris et le lapin ...
Parfait pour un dimanche après midi !


Arthur Lee - Everybody's gotta live (1972)

"Everybody's gotta live and everybody's gonna die"
C'est peut-être parce qu'on est un 11 novembre mais il me revient une anecdote sur la Première Guerre Mondiale.
Les différents belligérants se mettaient joyeusement sur la gueule, jusque là c'est normal; mais au sein de la même armée des rivalités entre les unités existaient.
Comme par exemple dans l'armée allemande entre les lanciers, les Ulhans et les nouveaux arrivés les aviateurs avec à leur tête Von Richthofen un ancien Ulhan passé "à l'ennemi".
Les Ulhans se voyaient un peu comme des chevaliers teutoniques modernes allant pourfendre l'ennemi à la pointe de la lance montés sur leurs destriers. Les aviateurs les voyait plus comme des lourdeaux inutiles qui essayaient de gagner le concours de la brochette géante de cuisses de grenouilles en jouant à "je saute dans la tranchée boueuse avec mon canasson".
Les aviateurs se percevaient comme des précurseurs d'une guerre "moderne", efficaces et redoutables, fondants sur leurs victimes tels des aigles impitoyables. Pour les Ulhans ils n'étaient que de gracieuses danseuses qui prenaient les gens de hauts, des gars qui dézinguaient des soldats sans trop prendre de risques, des planqués.
Cette rivalité était telle que leurs "chefs" respectifs, Von Richthofen, dit le "Baron Rouge" (un qualificatif que certains historiens peu pertinents attribuent à son communisme et son daltonisme, j'en ris encore) et Hermann Wurst auf der Brot, dit le hot dog (le chien chaud pour les non anglophones) en rapport pour son amour de la levrette, décidèrent de réunir leurs unités et de leur faire un discours de cohésion.
Von Richthofen fut le premier à prendre la parole, ces premiers mots furent "En tant qu'aviateur je suis fier d'avoir comme soutien au sol les Ulhans car vous êtes les meilleurs soldats, une troupe d'élite ..." Il continua son discours insistant sur la fierté de mourir pour la nation de terminer en chair à saucisse sauce gaz moutarde et autres conneries mais sous les vivats des troupes réunies.
Hermann fut impressionné par tant d’éloquence et décida de reprendre son accroche.
Il commença ainsi: "Mon cher Manfred, en tant qu'Ulhan je suis fier ..."
Forcement ça jeta comme un froid ...


mardi 10 novembre 2015

Ulan Bator - Céphalopode (1997)

Alors qu'une heure indue était déjà dépassée dans une soirée où je me trouvais et que le choix crucial de la musique se posait, deux groupes s'affrontaient: ceux qui, inconsolables depuis la mort de Lady Di suite à son paris gagné de voir ce qui entre sa tête et un pilier du pont de l'Alma était le plus résistant en cas de choc impromptu, voulaient Elton John avec Candle in the wind et ceux qui ne juraient que par Firestarter des Prodigy.
Bien que mon cœur penchait plus pour la décadence électronique testostéronée anglaise dans une optique d'œcuménisme je proposais Ulan Bator.
D'un coup la dispute cessa et les quolibets fusèrent: "T'as vu il écoute encore Albator à son âge, non mais quel demeuré !"
Je répliquais que l'onanisme frénétique du à un célibat prolongé avait altéré sa fonction auditive et que je n'avais pas évoqué le capitaine corsaire mais parlé d'Ulan Bator. Je rajoutais qu'il était à la portée du premier mongol venu de savoir de quoi il retournait. J'eus alors droit à un sermon bien pensant sur l'acceptation de la différence ... Ce à quoi je déclarais que c'était faire offense aux mongols et aux mongoliens que de les confondre et que même un céphalopode connaissait la différence entre les deux et saurait peut-être placer Ulan Bator sur une carte car il s'agissait avant tout d'une ville et non pas d'un corsaire de l'espace (je me suis un peu avancé sur ce coup là). Puis d'un bon je me levais et mis la plage deux du disque d'Ulan Bator: Céphalopode justement !


lundi 9 novembre 2015

Brame - Basses terres (2015)

Ce doit être le dérèglement climatique mais cette année le Brame se fait plus tardif.
Cela fait même deux ans et demi que le dernier avait eu lieu, La nuit, les charrues ... j'en frissonne encore.
Au programme la ruralité, les travaux des champs, les bêtes sauvages, les friches et l'inconnu.
Alors que la rouille habitait La nuit, les charrues ..., c'est la terre lourde, sale et collante qui s'incruste dans les doigts usés des travailleurs des Basses terres qui est à l'honneur ici.
Une ambiance rustique/mystique à la Earth  en version française et originale (ce n'est pas du plagiat, de la relecture, c'est une identité propre et forte).
Tout d'abord déboule un étrange Sanglier, à la fois furie primitive hurlante, dissonante et également monstre mécanique imperturbable répétitif.
On se dit que les relents de blues du précédent album sont oubliés et qu'une paradoxale musique industrielle rurale se met en place. Fausse piste, Des (contres) feux sont allumés, le blues revient en puissance, sale, déluré, sexuel, hurlé, archaïque et lancinant avec une vrai rythmique tellurique qui le martèle.
Arrive en cette terre hostile un étrangé, calme comme un Paris Texas, mais le gars n'est pas du genre à s'en laisser raconter et est prompt à sortir les crocs et les riffs acérés, nul doute qu'il s'intègrera dans cette communauté de culs terreux, c'est un des leurs, il ne faut pas se fier à son aspect calme.
La Fourche, normalement cet outil sert à retourner la terre, à mouvoir la paille voire le fumier; celle-ci semble avoir des usages plus belliqueux, primitifs et menaçants.
Les Friches, sorte de pendant du Démolitions du précédent album, sauf qu'ici on ne détruit pas on attend que le temps fasse son œuvre, que le délitement se passe, que la poussière s'insinue, que la corrosion  érode, que la pourriture s'installe.
Friche rurale ou urbaine, blues ou industriel ...


dimanche 8 novembre 2015

Symmetry - Behind the wheel (2012)

Symmetry, soit une bonne partie du label Italians Do It Better, propose la bande son d'un film imaginaire.
Pas de tromperie sur la marchandise, tout est dévoilé dès le titre de l'album.
Behind the wheel: pas de resucée du titre de Depeche Mode, le même titre mais pas la même ambiance.
Ici la paternité est plutôt à rechercher chez John Carpenter et ses thèmes minimalistes, répétitifs et envoutants, dans l'italo-disco et ses ambiances éthérées, lentes et langoureuses.
Une inquiétudes diffuse et claustrophobique, comme évoluant dans une machine viciée qui se ponctue par un rai de lumière salvateur, étrange échappatoire en forme de bouffée d'air pur.
Une parenthèse se referme, quelle sera la suite ?


samedi 7 novembre 2015

Suprême NTM - Qu'est ce qu'on attend (1995)

Osons le réformisme radical par la combustion vengeresse !

Une sorte de brûlot avec force instru' et tuerie lyricale.

(La version non censurée en second)



Kode 9 & The Spaceape - Kingstown (2006)

Dans un univers dystopique proche Kode 9 & Spaceape sont les troubadours d'une musique décrivant un monde pré-post-apocalyptique.
Un monde urbain, minéral, déshumanisé, suffocant et oppressant.
Un monde bâti sur un paradoxe, l'alliance d'une modernité scientifique rationaliste et hygiéniste toute puissante et d'un archaïsme mystique, souterrain rustique qui le régente.
Forcement la décadence, le pourrissement sont son quotidien et la déliquescence œuvre afin que sa chute se produise vite.
Mais s'agit-il véritablement d'un univers alternatif ?


samedi 31 octobre 2015

I Monster - The backseat of my car (2003)

"I see dead people"
Effrayons-nous un peu en conduisant !
Qui donc est derrière ... faut-il réellement le savoir ?

Ambiance de bastringue déglingué et désuet rehaussée par une fanfare brinquebalante, brin de voix sexy, en route pour l'aventure déliquescente.


vendredi 30 octobre 2015

Funkadelic - Maggot brain (1971)

Une berceuse barrée !
Voilà ce qu'ils ont fait, un long solo de guitare jamais indigeste se superpose à une autre ligne mélodique de guitare, plein de sensibilité, tout en douceur, gavé au LSD, au delay, reverb et écho, parfois des bruits de percussions transparaissent.
Montée, descente, traverse, ils explorent tous les chemins pour tourner autours du pot en montant au fur et à mesure et gagner le cosmos ou tels une supernova ils explosent illuminant le néant qui les entoure.