mardi 25 avril 2017

Jan Jelinek - Moiré (Piano & Organ) (2001)

Une ode à la lenteur et à la contemplation.
Écouter ce morceau de Jan Jelinek c'est un peu comme regarder couler lentement une goutte sur une vitre, totalement inutile mais vite captivant.
Oscillant entre minimalisme et maximalisme, changeant entre profondeur et légèreté, le tout nimbé d'un voile mystérieux, diaphane et sourd.
Il convient pour mieux appréhender ce titre de se rappeler de la définition de moiré: un effet de contraste changeant avec la déformation d'un objet, indépendamment des effets d'ombre; tout est résumé.


lundi 24 avril 2017

La Caution - Souvent (2001)

Entre poésie rude et chronique sale et désabusée la Caution raconte sa banlieue, ses espoirs, son quotidien, ses révoltes, ses résignations, sa médiocrité, sa splendeur, sa fulgurance verbale, sa décrépitude.
Ça pue la bière éventée, le shit dans les cages d'escaliers merdeuses et défoncées, on s'y fait un peu chier, il y a le chômage,  les usines qui ferment, les keufs qui rodent pour mater du sauvageon en goguette, le désœuvrement, les combines pour survivre.
Le rire aussi, les potes, les bons moments, trop rares, les embrouilles plus fréquentes.
Pas beaucoup d'amour ...
Il y a aussi cette image, qui résume tout, aussi puissante et rageuse que triste: "les rêves se rouillent"; tout est dit et résumé en quatre mots.


dimanche 23 avril 2017

Elektroklänge - Tanz 3 - Danse mécanique (2016)

Robotique, saccadée, impersonnelle, froide et distanciée: c'est la Danse mécanique.
Son but n'est pas tant de procurer un sentiment d'ivresse, d'abandon voire de catharsis que de provoquer par des mouvements répétitifs, synchrones et rythmiques
  • une perte mesurée et définie de calories
  • éventuellement un spectacle esthétique
Adieu la danse pour le plaisir, l'époque n'est plus à ça. Il faut optimiser ses activités, rentabiliser son temps, évaluer l’intérêt de chaque action et mettre en place des actions correctrices si la profitabilité n'est pas au rendez-vous.
Aussi quoi de mieux qu'une musique métronomique, une mélodie synthétique et une voix désincarnée; pas d'affect, pas d'implication émotionnelle, uniquement de la rationalité.
Cependant malgré cette apparente froideur et cette rationalité extrême, cette musique robotique est constellée de failles, de faiblesses et d'hésitations, minimes et discrètes, qui viennent contrecarrer le projet initial et le vouent à sa perte car vicié de l'intérieur.
Le collapse n'est pas loin, la futilité revient insidieusement ébranler la belle mécanique.


samedi 22 avril 2017

Mendelson - La dette (2017)

Mendelson magnifie le Viet Vet d'Alan Vega.
Plus qu'une reprise il s'agit d'une réinterprétation, une réincarnation même.
Une tension musicale tournoyante, lancinante qui illustre tour à tour les tourments du vétéran, sa douleur tant physique que mentale, mais également la schizophrénie de la république qui l'a envoyé combattre et qui quand il revient le rejette car il lui renvoie au visage ce qu'elle voudrait oublier.
Tout est violence contenue, proche de la rupture, de l'explosion ...
L'amour est une possible rédemption, mais trop fugace hélas, la réalité vient heurter de plein fouet le vétéran, un bête accident.
Un dernier coup de boutoir qui fait vaciller et choir.
La spirale de la déchéance et de la folie reprend, l’hallucination devient sa réalité, l'échappatoire: un cri final entre révolte et résignation.
Beau, lugubre, habité, triste et puissant.


vendredi 21 avril 2017

Oren Ambarchi - Moving violation (2006)

En fait il fait nuit et chaud.
Et puis on se sent bien, on est en train de rêver.
Tout est apaisé et moelleux.
C'est déjà pas mal ...


mercredi 19 avril 2017

Jacques Dutronc - L'opportuniste (1968)

Bientôt la réponse !
Mais en attendant qui faut-il croire ?
Le prophétique et sirupeux Tino Rossi qui dès 1938, visionnaire, annonce que Marinella (plage bien plus idyllique que la fille du borgne fasciste)...
Les Clash qui avec leur album Sandinista prévoyaient la percée fulgurante (et l'espoir du retour d'une vraie gauche) de Mélenchon.
Beck avec son Loser, comment ne pas y voir la débâcle à venir d'Hamon.
Le débonnaire et terroriste auditif Carlos et son allégorie de Poutou avec Big bisous ...
Jacques Dutronc qui par deux fois dans sa discographie évoque avec acuité deux autres candidats à l'élection présidentielle: Fillon avec Savez-vous planquer vos sous, précédemment évoqué dans un autre contexte ici et Macron l'homme au profil et au programme variable en fonction de son interlocuteur via L'opportuniste.
Dans l'absolu ils sont 4 à pouvoir prétendre poser leur séant sur le trône de la République.
Partout on vend du Macron/Le Pen en duel final ...
Mais on risque de l'avoir profond dans le Fillon pendant 5 ans (un gars malhonnête, roué, à la limite du psychopathe, du genre pilote entêté de la Germanwings, qui donne des leçons de morale).
Fillon président c'est un peu Guy Georges ministre du droit des femmes ...

On est passé à côté du bonheur

 

mardi 18 avril 2017

Drexciya - 700 Million Light Years From Earth (2002)

Quelle drôle d'idée !
Envoyer un message en morse à une distance de 700 millions d'années lumière de la terre, ça risque d'être long et puis rien ne garantit que quelqu'un sera là pour le réceptionner. Et quand bien même s'il était reçu encore faudrait-il qu'il soit compris, déchiffré.
Tout ça pour dire: "n'oublie pas d'acheter du pain en rentrant ce soir" ... pas certain qu'il soit bien frais ...


lundi 17 avril 2017

Boards Of Canada - Come to dust (2013)

Alors que certains font les marioles et ressuscitent le lundi pour montrer qu'ils ne sont pas n'importe qui et qu'ils sont bien les élus (pas de manière très démocratique d'ailleurs il faut le préciser) et que eux pourront aller se la couler douce au paradis (à condition qu'il existe, aucune preuve n'a jamais été apportée) l'immense majorité de terriens est condamnée à retourner à l'état de poussière.
Mais est-ce un mal ?
Car à bien y réfléchir, l'autre gars, le ressuscité, il est un peu bizarre, un gars qui invite à manger son corps et à boire son sang c'est pas très net. Si en plus quand il meurt il ne meurt pas véritablement, ça commence à filer les chocottes.
Ne serait-on pas en présence d'un nécromancien zombie vampire ?
Prudence ...
Sinon les Boards Of Canada avec ce Come to dust, restent comme à l’accoutumée dans une veine nostalgique enfantine, éthérée, diaphane et aérienne avec ce petit soupçon sous-jacent d'intranquilité contenue: c'est beau comme le soleil qui se lève dans une brume matinale voilant légèrement le paysage. 


vendredi 14 avril 2017

Yair Elazar Glotman & James Ginzburg - Nimbes (2014)

Il y a comme un paradoxe entre le titre du morceau et la musique.
Un nimbe est un disque de lumière, pour faire bref et parcellaire c'est comme une auréole mais en mieux.
En écoutant Nimbes de Yair Elazar Glotman et James Ginzburg (une moitié d'Emptyset) ce n'est pas l'idée de lumière ou même de clarté qui vient en premier à l'esprit.
Éventuellement un vague rai diffus filtrant on ne sait comment dans une cellule souterraine mais guère plus.
A la contrebasse tourmentée, voire torturée, Yair Elazar Glotman qui sort de son instrument des sons graves, profonds, angoissants en frottant pinçant, tapant ses cordes.
Aux sons divers électroniques James Ginzburg, il fait grincer ses machines, les triture, les maltraite pour en tirer de la matière dense, noire et lourde.
Aussi hormis sur la couverture du disque le disque lumineux est rare, à moins qu'il ne s'agisse d'une oxymorique lumière sombre ...


mercredi 12 avril 2017

Donald Bird - (Fallin' like) Dominoes (1975)

C'est pas pour dire mais 1975 c'était quand même une sacrée bonne année !
Avec par exemple ce (Fallin' like) Dominoes de Donald Bird, un titre suave au groove imparable qui sonne très bien lorsqu'il est écouté au bord d'une piscine ou d'un jacuzzi en galante compagnie avec un cocktail bien frais, ou mieux,une flute de champagne blanc de blanc extra brut à bonne température ...


samedi 8 avril 2017

Mr T2s - Acid boogie tribe (2017)

Un hangar, un soir ...
La tension monte peu à peu, le lâcher prise aussi, surement grâce aux ondulations sournoises.
Et puis d'un coup c'est l'explosion !
Torse nu, suant abondamment, ivre de joie, c'est la délivrance, l'extase, la jubilation, l'heure de s'oublier et de profiter simplement de l'instant présent.


vendredi 7 avril 2017

Throbbing Gristle - Still walking (1979)

Il m'arrive, parfois, lorsque je suis algique et fiévreux de faire, alors que je suis dans un état de demie conscience mais plus proche du sommeil néanmoins, un cauchemar récurent.
Je tombe sans fin dans le vide, le seul moyen d'enrayer cette chute est de résoudre un calcul simple en apparence (une suite d'additions) mais dont les nombre se modifient sans cesse et sans logique. De sorte que cette addition est impossible à résoudre, car toujours fausse.
Une lumière rougeoyante puissante inonde et illumine ma chute, peut-être à cause de la fièvre qui me tourmente.
Un bruit incessant, strident, désagréable, comme le moteur aigu d'une machine, retentit contribuant à me déconcentrer afin que j'échoue dans ma quête mathématique.
Ce bruit ressemble quand même beaucoup au Still Walking des Throbbing Gristle ...
C'est étrange !


lundi 3 avril 2017

Dopplereffekt - Cellular automata (2017)

Explorer les contrées froides, lentes, désincarnées et oppressantes de l'automate cellulaire...
Faut-il le faire en toute quiétude ?
Rien n'est moins sur !
Mais le voyage risque d'être fascinant, voire paradoxalement poétique.


vendredi 31 mars 2017

The Empire Line - Syndicat de la couture (2017)

Une organisation mondiale occulte, tentaculaire, mais omniprésente, qui œuvre pour préserver les traditions multiséculaires d'un art subtil, présent dans notre quotidien.
J'ai nommé le Syndicat de la couture, tout de suite ça en impose, ça fout les chocottes ...
Armés d'aiguilles, de fils de couleur, d'étoffes bariolés, de machines à coudre, ses adhérents multiplient les fautes de goût partout sur la planète à base de pantalons, de tee shirts, de ponchos, de strings et d'espadrilles tous plus bariolés et laids les uns que les autres, provoquant des lésions oculaires, entrainant des vomissements, voire rendant fou dans certains cas ...


jeudi 30 mars 2017

Arpanet - Infinite density (2006)

Une certaine idée, fascinante au demeurant, de la désolation.
Le froid, le clinique et le distancié portés au pinacle.
La contemplation de la collision des atomes comme loisir ultime.
Et autres plaisirs du quotidien ...


lundi 27 mars 2017

The Stooges - We will fall (1969)

Pour faire court We will fall est un peu comme un pet survenant lors d'un premier rendez-vous amoureux: incongru et inopportun.
Alors que tout le reste de l'album est ramassé, poisseux, excité et plein d'une tension post-adolescente pleine de sexe, We will fall est une procession toute en lenteur, une sorte de (qué)quête mystique, un mantra lancinant, guidé par le violon de John Cale en plein bad trip et en pleine rupture du Velvet (dont l'ombre plane sur ce titre).
Enfin en apparence et musicalement car d'un point de vue paroles hormis un mantra indien qui tourne en boucle tout au long de la chanson (et qui reste ambigüe quant à sa signification)  laissant supposer qu'il s'agit recherche de spiritualité il n'est question que de l'attente d'un long et jubilatoire coït.
Donc dans sa chambre d'hôtel, un lascar s’apprête à passer une nuit éveillé à attendre qu'au matin sa dulcinée arrive afin qu'ils fassent leur petite affaire: il va la besogner à en choper des érythèmes sur le chibre, puis ils s'endormiront, éreintés, fourbus et "paisible (...) décontracté du gland" pour lui.
La nuit va être longue que va-t-il bien pouvoir faire pour s'occuper et se maintenir "tight" (tendu,, raide entre autres acceptions) ?
Ça sent la branlette ... donc finalement on reste dans la thématique de la tension post-adolescente et cette chanson a pleinement sa place dans l'album.


vendredi 24 mars 2017

Dread - A new dark age (2017)

Faut-il y voir un titre prophétique ?
Les prémices d'une nouvelle période tourmentée, le résultat d'une dégradation soudaine, un retour inopiné du Moyen Age ou Dark Age.
Une période de désordre ?
Basse profonde, rythme accentué, violoncelle solennel, quelques violons en appui remisés derrière ...
Alors certes le dub de ce nouvel avatar de Lustmord  est loin des canons jamaïcains (et de la langueur, voire de l'indolence qui peut sembler s'en dégager) mais il est envoutant, immersif, sombre, lent et majestueux.
Et contrairement à ce que laisse penser le titre c'est plutôt une impression de calme, de quiétude qui s'en dégage, le paradoxe de la nuit lumineuse ...


jeudi 23 mars 2017

Noir Désir - Des armes (2001)

"Des armes, des chouettes, des brillantes,
Des qu'il faut nettoyer souvent pour le plaisir
Et qu'il faut caresser comme pour le plaisir
L'autre, celui qui fait rêver les communiantes

Des armes bleues comme la terre,
Des qu'il faut se garder au chaud au fond de l'âme,
Dans les yeux, dans le coeur, dans les bras d'une femme,
Qu'on garde au fond de soi comme on garde un mystère

Des armes au secret des jours,
Sous l'herbe, dans le ciel, et puis dans l'écriture,
Des qui vous font rêver très tard dans les lectures,
Et qui mettent la poésie dans les discours.

Des armes, des armes, des armes,
Et des poètes de service à la gâchette
Pour mettre le feu aux dernières cigarettes
Au bout d'un vers français brillant comme une larme."


L'alliance de la force du texte (de Léo Ferré), de la puissance de l'interprétation et de la douceur fausse de la musique.


mercredi 22 mars 2017

Jah Wobble's Invaders Of The Heart - Whiskey priests (1994)

"Una canción de sacerdotes del whisky (...) de las mujeres de la noche, (...) una canción de
redención y de amor correspondido"

Une chanson de contrebandiers du son, de maraudeurs de la mélodie, de bandits du rythme.
Un chemin étroit à flanc de montagne le long d'un précipice abrupt et profond, un trajet pénible, sec, poussiéreux, risqué, entre chien et loup, amenant vers les mystères oubliés, vers les richesses anciennes, sages et enfouies. 
La redécouverte improbable des rituels des prêtres du whisky et la rédemption qui en résulte ...



lundi 20 mars 2017

Neil Landstrumm - Miami vice (1997)

Des gémissements orgasmiques débutent ce titre laissant plus présager la bande son d'un vulgaire Jacquie et Michel que ce qui va suivre; à savoir une techno brutale, rugueuse et pourtant jubilatoire.
Des sonorités métalliques en guise de percussions, des bips aigus, des stridences variées pour toute mélodie et cette basse saturée et pneumatique véritable colonne vertébrale du track.
Au final c'est bien l'expression du vice de Miami, affairé, frénétique, stroboscopique presque, empressé, excité même, l'orgasme du début était donc prophétique en quelque sorte du lucre et de la luxure de la ville ...


dimanche 19 mars 2017

Mika Vainio - Cargo (2013)

C'est survenu, c'est certain !
Une avarie majeure, inattendue et ses conséquences catastrophiques pour le cargo et surtout pour son équipage ...
Depuis la menace plane, diffuse et sourde, le mal rôde.
La machinerie fonctionne encore, hasardeusement, les mécanismes s'enclenchant quand bon leur semble dans un bruit de tôle froissée, de frottement, de friction.
Le cargo erre sans but, ni direction et ce pour une durée infinie.
Car il s'agit d'un cargo spatial, maintenant perdu dans le froid noir et glacial de l'espace.
Les survivants, s'il en reste, sont voués à une longue agonie sans espoir d'être secourus, dans l'attente leur quotidien sera l'angoisse et la peur que cela ne se reproduise ...


jeudi 16 mars 2017

Ascetic - Utterings (Ancient Methods Remix) (2017)

L'original était dense, surtout au niveau de la voix habitée, volontaire, haranguant une foule absente.
Ancient Methods, ne garde que peu d'éléments de l'original: la voix, découpée par moment et un riff mis en boucle.
Il leur adjoint un surcroit d'énergie furieuse et brute et une rigueur martiale répétitive qui paradoxalement propulsent le morceau dans une dimension où se mêlent dans une cacophonie quasi indescriptible folie, furie, bestialité et rage, comme un cri vital halluciné qui lorsqu'il serait poussé sidérerait ceux qui l'entendent.


mardi 14 mars 2017

Scorpion Violente - The knife (2017)

Où il plane l'ombre tutélaire, mais en plus crade et minimaliste, de Suicide ...
Au chant un Alan Vega, avec le même fond rockabilly, crooner dépressif de supermarché le jour et satyre sadique libidineux courant nu dans les bois la nuit.
A la musique le tableau n'est pas véritablement plus reluisant, rythme primaire souffreteux, un premier synthé sale qui ne joue qu'un seul accord monotone semblant sombrer dans les graves et le néant et nous entraînant dans son infinie chute, un second synthé, pas plus reluisant, saturé qui s'occupe d'un ersatz de mélodie anxiogène.

La souillure élevée au rang d'art.


lundi 13 mars 2017

Fallbeil - The healer (2017)

Un peu de brutalité, une dose de dissonance, quelques motifs d'abrasion sonore, un soupçon d'agression auditive, du roboratif.
Le mélange de tout cela produit un hybride foutraque et sous speed de Warm leatherette de The Normal, Reptile de NIN, United des Throbbing Gristle et Acidisco de Luke Vibert.
Un beau bordel déglingué hétéroclite et jouissif.


dimanche 12 mars 2017

Steel Pulse - Babylon makes the rules (1979)

Aborder la fin d'après midi du dimanche de manière chaloupée et avec désinvolture mais classe. Puis se faire titiller la conscience ...


samedi 11 mars 2017

Shaded Explorer - Decline of an underwater city (2015)

Pas de bol, c'est écrit et irrémédiable, les villes cachées sous-marines sont vouées au déclin, à la décrépitude, ce doit être le sel qui corrode tout, provoquant l'inévitable déliquescence, la finale chute enfouie et silencieuse...
Mais c'est beau une ville qui se désagrège, se délite dans la nuit des profondeurs.


vendredi 10 mars 2017

Messieurs Richard De Bordeaux Et Daniel Beretta - La drogue (1970/2001)

"Où est ma drogue, mon haschisch, où est mon opium, mon kif ?"
Une apologie de la drogue, mais pas de réponse au pourquoi la drogue, parce que le sous-marin vert, la bulle blanche, un singe dans les branches et téléphoner à l'envers c'est un peu léger quand même ...
Entre classique absolu et nanard musical de compétition.


mercredi 1 mars 2017

Gemini - Le fusion (untitled I) (1995/2017)

"L'intégration c'est de la fusion" voilà ce qui ressort de ce morceau halluciné de Gemini.
Tout y est barré, vrillé, premièrement un soliloqueur déblatère, sur tout et rien (la musique, la condition humaine, la pauvreté, l'intégration, la famille, la fête ...), dans un français surprenant pour un titre house de Chicago puis se met à faire du skat. Ensuite la musique grande partouze entre une rythmique house bancale carrée, un orgue lugubre et paranoïaque qui serine sa mélodie en boucle, une basse jazz monolithique puissante, des percussions et une batterie fantaisistes et organiques qui viennent sans prévenir s'ajouter.
En un mot tout part partout sans logique définie si ce n'est la spontanéité de l'instant.
Un foutoir joyeux et luxuriant sans queue ni tête qui fait douter de la santé mentale du compositeur.
Faut-il s'en plaindre ?


mardi 28 février 2017

Romanthony - Bring U up (1995/2000)

Bring U up de Romanthony c'est la folie de Prince sans sa voix de falsetto alliée au sens imparable du groove de James Brown avec un soupçon de Sly Stone pour les chœurs (le Higher) ; en résumé un concentré de tuerie funk nerveuse, saccadée, torride et irrésistible !


lundi 27 février 2017

Acid Scout - 4 degrees (1994)

Une certaine idée de l'urgence et de la frénésie.
Des rafales orgiastiques d'acid, un beat plantureux, des percussions délurées et c'est parti pour un tour de grand huit (enfin vue la durée c'est plus du grand sept).
Un hymne à l'oubli et à l'épicurisme béat ...


dimanche 26 février 2017

Marvin & Guy - Theme from Fire ! Fire ! (2017)

Expédition cosmique en perspective !

Disco spatiale mid-tempo, incursions krautrock, dérives hypnotisantes, envolées inquiétantes.
Marvin & Guy sont les pourvoyeurs de voyage sidéral imaginaire et immobile du jour avec leur disco cosmique rétro-futuriste faussement grandiloquente et vaguement baléarique pour fin de soirée paresseuse, avant éventuellement un prolongement possible vers un lendemain au ralenti.


samedi 25 février 2017

Raison D'Être - In abandonned places (20013)

Sonne le requiem, prélude à une exploration et une contemplation d'un monde passé, dévasté, mort, vide et abandonné.
Tout n'y est que désolation, ruines, poussières, gravats, amoncellement interlope.
Une plainte lancinante et sinistre, accompagne la visite en guise de kaddish, du métal froissé, tapé, choqué la rythme, un drone profond, lent et sombre en sera la seule mélodie.
Reste cette bizarre sensation d'une présence impalpable, d'un résidu de vie, incongru en ce lieu.
Sa mémoire spectrale ?


vendredi 24 février 2017

Institut - Epanouie socialement (2017)

1965, Georges Perec publie Les Choses, récit méticuleux d'un couple, de ses aspirations, de ses possessions matérielles et de leur vacuité.

2017, Institut reprend à peu près les choses là où elles étaient restées et narre de manière impersonnelle, distanciée la rencontre entre Laure, "épanouie socialement" et André, "une relation de travail", avec force de détails inutiles. Leurs points communs, leurs aspirations socio-libérales, leurs "caresses qualitatives", leurs références culturelles, leurs analyses creuses.

Au final, plus de cinquante ans plus tard, toujours cette même impression de vide, d'inutilité, une juxtaposition maladroite de solitudes dans une tentative de sexe que l'on devine triste et froid.
Pas d'évolution en définitive, toujours la même recherche de médiocrité du quotidien ...


jeudi 23 février 2017

Aura - Kreation einer bizarren Utopie (2013)

Où il est question de vampires mutants modernes, d'Esmakra une drogue parasite ressemblant à du lait, d'une tentative d'asservissement de l'homme, le tout au cœur de la ville, de la Métropolis.

Vraie BO d'un vrai film expérimental horrifique de chez les cintrés de Phantasma Disques ...


mercredi 22 février 2017

Bumcello - Beautiful you (2002)

Une certaine idée de la parcimonie.
Une mise en œuvre musicale minimale mais efficace: quelques percussions aérées de Cyril Atef, une mélodie de violoncelle légère qui se fait pizzicato de temps en temps par Vincent Segal, la voix enjolante de Joyo Velarde en écho et Lateef The True Speaker et The Gift Of Gab en délicats rappeurs, soit 50% de Latyrx et 50% de Blackalicious (les 50 autres % du groupe sont à la production et aux scratch avec Chief Xcel), soit une bonne partie du Quannum possee.
Un résultat tout en délicatesse, en finesse et en douceur, enjôleur et séducteur, flirtant avec le jazz, le hip-hop et un relent de musique cubaine.


lundi 20 février 2017

Foudre ! - Earth (2017)

Initialement Foudre ! a composé la bande son du film Earth, mais en fait leur musique se suffit pour se faire son propre film ...
Tout commence dans les profondeurs glacées d'un canyon balayé par le blizzard, puis se poursuit dans une course folle à la poursuite d'une aurore boréale.
Ensuite c'est un champs métallique irisé de bleu et de pourpre qui s'offre au regard, avant que subitement cela se transforme en une piscine de lave incandescente où il fait curieusement bon nager. Des drones libellules virevoltants font vrombir leurs ailes translucides.
Une bouffée paranoïaque se répand contaminant de ses spores délétères l'ambiance paisible qui régnait. De la sueur froide coule. C'est le moment où naviguer dans l'incertitude et l'inconfort, le moment du doute.
Pourquoi ?
La réponse vient vite; pour profiter de l'apaisement, fantôme floydien de Pompéi.
Puis surgit une démangeaison électronique, prélude angoissant à une introspection désertique hésitant quant au type de désert chaud, froid ... Inhabité c'est certain, tout comme aride. Mais surprise finalement il s'anime et fourmille de vie, c'est un nouveau monde qui se crée, riche, dense et luxuriant.
La nuit tombe, dense et tiède, il pleut doucement mais paradoxalement très abondamment et peu à peu cette masse d'eau submerge et engloutit tout et disparait.
Il ne reste rien, le public applaudit ...


dimanche 19 février 2017

The Faint - Agenda suicide (2001)

Le fond et la forme.

La forme: un "salaryman" zélé qui se rend compte de la vacuité de sa vie, passée à travailler avec ardeur pour se fondre dans le moule et avoir sa villa Mon Plaisir ou sa Maison, sucrée maison ...
Face à ce désarroi existentiel, ne voyant d'échappatoire, notre "salaryman" exemplaire, ne voit qu'une solution, quelque peu radicale et définitive: l'autolyse.

Le fond: la musique;de la guitare nerveuse post punk, des synthés sombres new wave, le tout boosté par des amphétamines électro saturées, un relent de synth pop pour faire larmoyer et le tour est joué.
La chant un mélange entre un Robert Smith sous Prozac et alcool et une contrefaçon de Trent Reznor énervé par une camomille tiédasse, pas folichon mais passable.

L'ensemble se laisse écouter mais pas au point de vouloir se farcir le reste de l'album ...


vendredi 17 février 2017

Nick Cave & The Bad Seeds - Papa won't leave you Henry (live Seeds) (1993)

Version live Gargantuesque et sauvage sans les fioritures de l'album studio.
Toujours l'intensité vocale et les variations de hauteur de Nick Cave mais sublimées par l'accompagnement tiré à l'os, un vague orgue, des guitares échevelées et frénétiques, basse/batterie pour renforcer la folie et puis ses shoots d'adrénaline sur les refrains: tous jouent le plus fort possible, le plus violemment, tous le hurlent comme un acte cathartique et Nick Cave somptueux s'impose charismatique et puissant, maitrisant son assemblée, subjuguant son auditoire qui extatique jouit spontanément.


mercredi 15 février 2017

Colin Stetson - Spindrift (2017)

Une vague, que l'on voudrait, infinie d'un enchantement auditif, sous forme d'une techno organique au rythme sourd et profond, aux voix célestes et délavées et avec ce saxophone immanent aux couches multiples qui se superposent en étant jouées ensembles.
Une juxtaposition exploratoire des univers de Steve Reich, Aphex Twin, de Gorecki ou Arvo Pärt et du free jazz ...


mardi 14 février 2017

Scape One - Right ascension (2014)

Leçon d'alpinisme élastique.
Tenir le rythme et la cadence, mais avec souplesse.
Monter continuellement mais avec élégance, voire nonchalance ou désinvolture.
Peaufiner son matériel.
Non seulement atteindre le sommet mais en plus y emmener ses accompagnants auditeurs.


lundi 13 février 2017

Crustation - Hey (1997)

S'ils avaient voulu faire l'éloge du flou et de la brume, les Crustation ne s'y seraient pas mieux pris.
Ambiance diffuse, feutrée et nuances de gris.
Lenteur et plaintes fugaces.
La joie triste ...


dimanche 12 février 2017

The Dead 60's - The ghostfaced killer (2005)

Alors qu'on aurait pu s'attendre au visage d'un assassin sinistre, anonyme, fantomatique, très certainement blafard et torturé, peu engageant en quelque sorte, le Ghostfaced killer des Dead 60's et plutôt entrainant, sautillant et jovial.
Le genre de gars que l'on inviterait volontiers à prendre un verre au bistrot avant qu'il ne larde et n'éviscère son hôte ...
Musicalement c'est sautillant, joyeux, une réminiscence ska, dub actualisée du One step beyond de Madness avec en trame de fond une sordide histoire de tueur.
En attendant son inéluctable, fatale et définitive venue, "you'd better watch out, you'd better lock your door" par précaution (inutile) ...


mercredi 8 février 2017

Leftfield - Release the pressure (1995)

"Release the pressure", voilà tout est dit !
L'heure est au relâchement, à la détente.
Au menu de la techno à la cool, ambiance détendue du gland, mélodie douce, avec relents de flute, voix chaude, puis un petit break et une montée toute en délicatesse de caisse claire avant une explosion contenue du beat.
C'est à se moment qu'intervient l'exutoire, l'évacuation du dernier reliquat de stress et mise en marche du mode planant ...


lundi 6 février 2017

Black Merlin - Phase 1 (2017

Une punition, c'est que propose (impose) Black Merlin avec ce Phase 1, quelques coups de badine, une fessée cul nu et au coin.
De la musique pour session BDSM dans un club spécialisé dans la chose en Bavière du sud avec des gens moustachus, des autruches, du tzatziki, un déguisement de Donald, des accessoires en os de poulet plastifiés, des joueurs de ukulélé, un vendeur de merguez trop cuites, du hardcore en somme !
Sec, martial, impitoyable, inaltérable, monolithique et lancinant.


dimanche 5 février 2017

Raime - Dead heat (2016)

Entrer dans un morceau de Raime c'est un peu comme pénétrer dans une salle de dissection: tout est immaculé, aseptisé, rangé, précis, impersonnel, tout y est au cordeau; et bien entendu on s'y sent mal à l'aise, anxieux et tendu.
Peut-être à cause de la présence des scalpels, scies et autres appareils affûtés prompts à découper la bidoche de manière clinique, froide mais néanmoins douloureuse.
Avec toujours cette angoisse: et si c'était moi l'objet de la prochaine dissection ?


samedi 4 février 2017

Moon Duo - Cold fear (2017)

Guitares psychédéliques énervées, comme du Pink Floyd première période mais sous stéroïdes, sensation accentuée par la boite à rythme nerveuse, un synthé ambivalent parfois chatoyant, parfois paranoïde, s'ajoute à cette appareillage la voix impersonnelle et distanciée du chanteur.
Ne manque que la vidéo, cauchemar mouvant peuplé de créatures visqueuses et disproportionnées aux yeux multiples omniprésents, de virus énucléant, d'insectes improbables, de doigts géants, de bouches multidentées avides, de méduses, de cannibalisme torve.
Une mise en son et image de la psychose ?

 

vendredi 3 février 2017

Fopmusic - You're so (2017)

Ian Curtis n'est en fait pas mort, il s'est caché pendant près de 37 ans en Suède travaillant comme goûteur dans l'usine fabriquant les Daim. Oui il est un peu bouffi et enrobé à force de goûter la marchandise, mais c'est bien lui.
Des questions demeurent, que faisait-il le week-end, où allait-il en vacances, son intérieur est-il meublé Ikea, comment faisait-il pour manger du gigot à la menthe ...
Nulle réponse ne sera donnée !
Par contre il a continué à faire de la musique sous divers pseudonyme dont Fopmusic avec comme dernière livraison You're so, à la voix profonde et sépulcrale habillée d'un mélange délicat de synthpop, de cold wave qui sait éviter l'écueil du plagiat, de la redite, de l'insipide.


mercredi 1 février 2017

Marcos Resende & Index - Vidigal (1978/1994)

Si le matin paisible était une musique ce serait surement Vidigal de Marcos Resende, le lever d'un soleil diaphane, nimbé d'une brume s'évanouissant, le calme encore présent avant le réveil progressif et la reprise du fourmillement quotidien.
L'idée fugace que cette journée pourrait être oisive, lové dans une couette, puis plongé dans un bain chaud et ensuite une collation avant de papillonner entre contemplation, lecture de tout et de rien et écoute intensive de musique ...
Le rêve aura été fugace, mais intense ...


mardi 31 janvier 2017

dc Basehead - Love me two times (live) (1992)

Les Doors version hip-hop live par un groupe plutôt inconnu et pas vraiment conventionnel dans le rap.
Instrumentation live, scratchs et voix "chantée" au travers d'un mégaphone pour un résultat final surprenant et entrainant.
Bon d'accord, le fan puriste des Doors ou de hip-hop criera, à raison, au sacrilège mais on s'en fout ! Les grincheux n'ont qu'à se boucher les oreilles (et se la fermer) ça leur (nous) fera des vacances.