samedi 29 avril 2017

Orphan Swords - Asmoday (Black rain remix) (2017)

Rugueux et dissonant mais aussi rageur et psychotique, voici ce que proposent les Orphan Swords.
Autant oublier tout espoir de rédemption, de lumière, de meilleur, ce serait vain et non avenu.
C'est sans appel !


mardi 25 avril 2017

Jan Jelinek - Moiré (Piano & Organ) (2001)

Une ode à la lenteur et à la contemplation.
Écouter ce morceau de Jan Jelinek c'est un peu comme regarder couler lentement une goutte sur une vitre, totalement inutile mais vite captivant.
Oscillant entre minimalisme et maximalisme, changeant entre profondeur et légèreté, le tout nimbé d'un voile mystérieux, diaphane et sourd.
Il convient pour mieux appréhender ce titre de se rappeler de la définition de moiré: un effet de contraste changeant avec la déformation d'un objet, indépendamment des effets d'ombre; tout est résumé.


lundi 24 avril 2017

La Caution - Souvent (2001)

Entre poésie rude et chronique sale et désabusée la Caution raconte sa banlieue, ses espoirs, son quotidien, ses révoltes, ses résignations, sa médiocrité, sa splendeur, sa fulgurance verbale, sa décrépitude.
Ça pue la bière éventée, le shit dans les cages d'escaliers merdeuses et défoncées, on s'y fait un peu chier, il y a le chômage,  les usines qui ferment, les keufs qui rodent pour mater du sauvageon en goguette, le désœuvrement, les combines pour survivre.
Le rire aussi, les potes, les bons moments, trop rares, les embrouilles plus fréquentes.
Pas beaucoup d'amour ...
Il y a aussi cette image, qui résume tout, aussi puissante et rageuse que triste: "les rêves se rouillent"; tout est dit et résumé en quatre mots.


dimanche 23 avril 2017

Elektroklänge - Tanz 3 - Danse mécanique (2016)

Robotique, saccadée, impersonnelle, froide et distanciée: c'est la Danse mécanique.
Son but n'est pas tant de procurer un sentiment d'ivresse, d'abandon voire de catharsis que de provoquer par des mouvements répétitifs, synchrones et rythmiques
  • une perte mesurée et définie de calories
  • éventuellement un spectacle esthétique
Adieu la danse pour le plaisir, l'époque n'est plus à ça. Il faut optimiser ses activités, rentabiliser son temps, évaluer l’intérêt de chaque action et mettre en place des actions correctrices si la profitabilité n'est pas au rendez-vous.
Aussi quoi de mieux qu'une musique métronomique, une mélodie synthétique et une voix désincarnée; pas d'affect, pas d'implication émotionnelle, uniquement de la rationalité.
Cependant malgré cette apparente froideur et cette rationalité extrême, cette musique robotique est constellée de failles, de faiblesses et d'hésitations, minimes et discrètes, qui viennent contrecarrer le projet initial et le vouent à sa perte car vicié de l'intérieur.
Le collapse n'est pas loin, la futilité revient insidieusement ébranler la belle mécanique.


samedi 22 avril 2017

Mendelson - La dette (2017)

Mendelson magnifie le Viet Vet d'Alan Vega.
Plus qu'une reprise il s'agit d'une réinterprétation, une réincarnation même.
Une tension musicale tournoyante, lancinante qui illustre tour à tour les tourments du vétéran, sa douleur tant physique que mentale, mais également la schizophrénie de la république qui l'a envoyé combattre et qui quand il revient le rejette car il lui renvoie au visage ce qu'elle voudrait oublier.
Tout est violence contenue, proche de la rupture, de l'explosion ...
L'amour est une possible rédemption, mais trop fugace hélas, la réalité vient heurter de plein fouet le vétéran, un bête accident.
Un dernier coup de boutoir qui fait vaciller et choir.
La spirale de la déchéance et de la folie reprend, l’hallucination devient sa réalité, l'échappatoire: un cri final entre révolte et résignation.
Beau, lugubre, habité, triste et puissant.


vendredi 21 avril 2017

Oren Ambarchi - Moving violation (2006)

En fait il fait nuit et chaud.
Et puis on se sent bien, on est en train de rêver.
Tout est apaisé et moelleux.
C'est déjà pas mal ...


mercredi 19 avril 2017

Jacques Dutronc - L'opportuniste (1968)

Bientôt la réponse !
Mais en attendant qui faut-il croire ?
Le prophétique et sirupeux Tino Rossi qui dès 1938, visionnaire, annonce que Marinella (plage bien plus idyllique que la fille du borgne fasciste)...
Les Clash qui avec leur album Sandinista prévoyaient la percée fulgurante (et l'espoir du retour d'une vraie gauche) de Mélenchon.
Beck avec son Loser, comment ne pas y voir la débâcle à venir d'Hamon.
Le débonnaire et terroriste auditif Carlos et son allégorie de Poutou avec Big bisous ...
Jacques Dutronc qui par deux fois dans sa discographie évoque avec acuité deux autres candidats à l'élection présidentielle: Fillon avec Savez-vous planquer vos sous, précédemment évoqué dans un autre contexte ici et Macron l'homme au profil et au programme variable en fonction de son interlocuteur via L'opportuniste.
Dans l'absolu ils sont 4 à pouvoir prétendre poser leur séant sur le trône de la République.
Partout on vend du Macron/Le Pen en duel final ...
Mais on risque de l'avoir profond dans le Fillon pendant 5 ans (un gars malhonnête, roué, à la limite du psychopathe, du genre pilote entêté de la Germanwings, qui donne des leçons de morale).
Fillon président c'est un peu Guy Georges ministre du droit des femmes ...

On est passé à côté du bonheur

 

mardi 18 avril 2017

Drexciya - 700 Million Light Years From Earth (2002)

Quelle drôle d'idée !
Envoyer un message en morse à une distance de 700 millions d'années lumière de la terre, ça risque d'être long et puis rien ne garantit que quelqu'un sera là pour le réceptionner. Et quand bien même s'il était reçu encore faudrait-il qu'il soit compris, déchiffré.
Tout ça pour dire: "n'oublie pas d'acheter du pain en rentrant ce soir" ... pas certain qu'il soit bien frais ...


lundi 17 avril 2017

Boards Of Canada - Come to dust (2013)

Alors que certains font les marioles et ressuscitent le lundi pour montrer qu'ils ne sont pas n'importe qui et qu'ils sont bien les élus (pas de manière très démocratique d'ailleurs il faut le préciser) et que eux pourront aller se la couler douce au paradis (à condition qu'il existe, aucune preuve n'a jamais été apportée) l'immense majorité de terriens est condamnée à retourner à l'état de poussière.
Mais est-ce un mal ?
Car à bien y réfléchir, l'autre gars, le ressuscité, il est un peu bizarre, un gars qui invite à manger son corps et à boire son sang c'est pas très net. Si en plus quand il meurt il ne meurt pas véritablement, ça commence à filer les chocottes.
Ne serait-on pas en présence d'un nécromancien zombie vampire ?
Prudence ...
Sinon les Boards Of Canada avec ce Come to dust, restent comme à l’accoutumée dans une veine nostalgique enfantine, éthérée, diaphane et aérienne avec ce petit soupçon sous-jacent d'intranquilité contenue: c'est beau comme le soleil qui se lève dans une brume matinale voilant légèrement le paysage. 


vendredi 14 avril 2017

Yair Elazar Glotman & James Ginzburg - Nimbes (2014)

Il y a comme un paradoxe entre le titre du morceau et la musique.
Un nimbe est un disque de lumière, pour faire bref et parcellaire c'est comme une auréole mais en mieux.
En écoutant Nimbes de Yair Elazar Glotman et James Ginzburg (une moitié d'Emptyset) ce n'est pas l'idée de lumière ou même de clarté qui vient en premier à l'esprit.
Éventuellement un vague rai diffus filtrant on ne sait comment dans une cellule souterraine mais guère plus.
A la contrebasse tourmentée, voire torturée, Yair Elazar Glotman qui sort de son instrument des sons graves, profonds, angoissants en frottant pinçant, tapant ses cordes.
Aux sons divers électroniques James Ginzburg, il fait grincer ses machines, les triture, les maltraite pour en tirer de la matière dense, noire et lourde.
Aussi hormis sur la couverture du disque le disque lumineux est rare, à moins qu'il ne s'agisse d'une oxymorique lumière sombre ...


mercredi 12 avril 2017

Donald Bird - (Fallin' like) Dominoes (1975)

C'est pas pour dire mais 1975 c'était quand même une sacrée bonne année !
Avec par exemple ce (Fallin' like) Dominoes de Donald Bird, un titre suave au groove imparable qui sonne très bien lorsqu'il est écouté au bord d'une piscine ou d'un jacuzzi en galante compagnie avec un cocktail bien frais, ou mieux,une flute de champagne blanc de blanc extra brut à bonne température ...


samedi 8 avril 2017

Mr T2s - Acid boogie tribe (2017)

Un hangar, un soir ...
La tension monte peu à peu, le lâcher prise aussi, surement grâce aux ondulations sournoises.
Et puis d'un coup c'est l'explosion !
Torse nu, suant abondamment, ivre de joie, c'est la délivrance, l'extase, la jubilation, l'heure de s'oublier et de profiter simplement de l'instant présent.


vendredi 7 avril 2017

Throbbing Gristle - Still walking (1979)

Il m'arrive, parfois, lorsque je suis algique et fiévreux de faire, alors que je suis dans un état de demie conscience mais plus proche du sommeil néanmoins, un cauchemar récurent.
Je tombe sans fin dans le vide, le seul moyen d'enrayer cette chute est de résoudre un calcul simple en apparence (une suite d'additions) mais dont les nombre se modifient sans cesse et sans logique. De sorte que cette addition est impossible à résoudre, car toujours fausse.
Une lumière rougeoyante puissante inonde et illumine ma chute, peut-être à cause de la fièvre qui me tourmente.
Un bruit incessant, strident, désagréable, comme le moteur aigu d'une machine, retentit contribuant à me déconcentrer afin que j'échoue dans ma quête mathématique.
Ce bruit ressemble quand même beaucoup au Still Walking des Throbbing Gristle ...
C'est étrange !


lundi 3 avril 2017

Dopplereffekt - Cellular automata (2017)

Explorer les contrées froides, lentes, désincarnées et oppressantes de l'automate cellulaire...
Faut-il le faire en toute quiétude ?
Rien n'est moins sur !
Mais le voyage risque d'être fascinant, voire paradoxalement poétique.